3 outils pour piloter les causes plutôt que les conséquences

Dans toute entreprise, il arrive de ne pas atteindre les objectifs que l’on s’était fixés. Plutôt que de s’attarder sur les chiffres de la performance ratée, nous vous proposons aujourd’hui une série d’astuces pour aller chercher le succès à la racine. En effet, trop de managers tentent d’analyser, souvent en vain, les conséquences d’une performance ou d’un projet plutôt que d’en explorer les causes. Pourtant, c’est grâce à une analyse fine des causes que vous pourrez améliorer les processus internes de votre entreprise, prendre des décisions plus efficacement et, a fortiori, atteindre voire dépasser vos objectifs. Voici nos trois astuces pour analyser les causes plutôt que les conséquences.

Remontez la causalité grâce aux drivers

Un driver est une variable opérationnelle qui va modifier le résultat obtenu de l’opération (qualité, coût, délai). On en trouve en calcul des coûts sous le nom d’activity-cost driver. Dans ce cas, les drivers sont des variables opérationnelles non financières qui vont avoir un impact sur les coûts.

Prenons l’exemple d’une entreprise de peinture qui doit livrer ses commandes sous un certain délai. Si le délai n’a pas été respecté, plutôt que de s’attarder sur le nombre de jours de retard, on va plutôt s’intéresser aux causes du délai. Pour ce faire, on va devoir décomposer le temps en étapes et trouver une explication mesurable (si possible contrôlable) pour la durée de chacune. Il pourra s’agir, dans notre exemple, du temps de séchage qui sera fonction de la peinture appliquée, de l’épaisseur et du taux de solvant. Ainsi, on va pouvoir différencier ce qui est justifié dans le délai et identifier les problématiques à résoudre. Les managers pourront également agir sur les paramètres pour améliorer structurellement leur performance. Par exemple, si le temps de séchage d’un mélange de peinture est trop long, on va tester d’autres mélanges pour obtenir la même qualité plus rapidement.

Plus globalement, les drivers permettent de piloter des paramètres opérationnels plutôt que de suivre des résultats peu maîtrisés. Les drivers sont issus directement de la méthode de calcul des coûts ABC (Activity-Based Costing) qui a pour visée d’analyser non pas la nature des dépenses mais leur utilité. Cette méthode analytique permet de saisir la rentabilité réelle d’une activité et de chercher les pistes d’économies qui ont peu de conséquences négatives.

Trouver les drivers d’une activité demande à la fois une bonne compréhension technique de celle-ci et une maîtrise des méthodes ABC et ABM.

Pilotez plus efficacement les coûts grâce à la méthode ABC

La méthode ABC répartit les coûts par activité afin de les observer sous un angle opérationnel, éclairés par la cause de leurs variations. Appuyée sur les drivers, la méthode ABC permet non pas de simplement calculer les coûts mais de les analyser et de les piloter. Cette méthode repose sur des principes simples : pour produire des biens et services, les entreprises appliquent des processus opérationnels qui transforment des ingrédients selon une recette précise. À travers les coûts, la méthode ABC mesure les ingrédients consommés par chaque recette. Elle donne ainsi une image de la performance des processus.

Dans l’industrie avec l’appui d’outils statistiques, cette approche se retrouve dans l’usage de la régression linéaire. Cette technique cherche à établir une relation entre différents paramètres. Pour trouver la formule de régression linéaire la plus proche de la réalité, on va saisir une grande quantité de données pour mesurer les variables et les résultats. La formule (ax+by+c=z) ainsi obtenue quantifie le poids de chaque paramètre sur le résultat et le meilleur dosage pour un produit de qualité.

Faites évoluer le management grâce aux méthodes ABM et OVAR

Après avoir analysé les causes du coût grâce à la méthode ABC, il est temps de fixer des objectifs pour améliorer la performance de votre entreprise. Pour ce faire, nous vous conseillons d’utiliser la méthode ABM (Activity-Based Management). L’ABM centre le management sur le pilotage des causes plutôt que sur le suivi du résultat.

Il n’est pas ici question de passer d’obligations de résultats à des obligations de moyens. La mesure préalable des drivers établit que les paramètres opérationnels pilotés produiront mécaniquement le résultat. Cette méthode déplace l’obligation de résultats pour l’appliquer aux variables opérationnelles maîtrisables par le manager.

Le système managérial de l’entreprise vise alors l’amélioration continue de la performance d’ensemble en s’intéressant à la contribution spécifique de chaque activité. Les commerciaux, les opérateurs de production et les achats contribuent tous à la marge. Celle-ci dépend de leur action conjuguée, la méthode ABM les distingue pour reconnaître la performance de chacun.

L’ABM s’appuie parfois sur la méthode OVAR (objectif / variable d’action). Cette méthode décline à chaque échelon managérial les objectifs fixés en amont en leviers d’action. L’entreprise va ainsi fixer son objectif général, par exemple de marge. Elle va ensuite émettre un plan d’actions au niveau de la direction qui donnera son ou ses leviers à chacun de ses membres. Chacun mettra en place avec son équipe différents leviers qui deviendront les objectifs de leurs collaborateurs.

 

L’utilisation des drivers et des méthodes ABC et ABM peut s’appliquer à une activité précise avant de s’étendre progressivement à toute l’entreprise. Elle améliore à la fois la performance et l’implication des collaborateurs en leur fixant des objectifs concrets et maîtrisables.

 

Amandine PEYRE
Thomas DELPECH

 

  • 3 outils pour piloter les causes plutôt que les conséquences Amandine PEYRE

    3 outils pour piloter les causes plutôt que les conséquences Dans toute entreprise, il arrive de ne pas atteindre les objectifs que l’on s’était fixés. Plutôt que de s’attarder sur les chiffres de la performance ratée, nous vous proposons aujourd’hui une série d’astuces pour aller chercher le succès à la racine. En effet, trop de managers tentent d’analyser, souvent en vain, les conséquences d’une performance ou d’un projet plutôt que d’en explorer les causes. Pourtant, c’est grâce à une analyse fine des causes que vous pourrez améliorer les processus internes de votre entreprise, prendre...

  • Les chiffres, clés de la croissance des PME Thomas DELPECH

    Les chiffres, clés de la croissance des PME Faire grandir une entreprise au-delà de 10 salariés ou 1 M€ de chiffre d'affaires est un défi pour le dirigeant. Les obstacles qu'il rencontre dépassent les effets de seuils administratifs. Le contact continu avec la réalité quotidienne, les clients et les salariés de l'entreprise lui a permis jusque-là de maîtriser son activité. Or ce contact n'est pas possible dans une structure plus grande. Une seule personne ne peut pas répondre aux attentes des clients, coordonner l'action des salariés et adapter l'entreprise à un marché en transformation...

  • Prévisions financières et entrepreneuriat Amandine PEYRE

    Réussir ses prévisions financières pour réussir son projet entrepreneurial Lorsqu’on construit un projet entrepreneurial, il est important de penser à la faisabilité, à la rentabilité et à la viabilité du projet. Ces aspects sont mesurés par les prévisions financières de votre projet entrepreneurial. Les prévisions financières sont essentielles afin de connaître tous les besoins financiers de votre prochaine entreprise et les éventuelles ressources qui pourront les satisfaire. Il est donc important que ces prévisions financières soient réalisées avec attention. Ces éléments vous aideront...

  • Le calcul des coûts est trop subjectif ? Tant mieux ! Amandine PEYRE

    Le calcul des coûts est trop subjectif ? Tant mieux ! Afin d’orienter au mieux la stratégie de leur entreprise, les dirigeants ont besoin d’une approximation du coût la plus réaliste possible. La comptabilité analytique, appelée plus communément comptabilité de gestion, est en effet indispensable à la prise de décisions importantes telles que fixer un prix de vente, gérer un portefeuille de produits ou encore lancer un nouveau produit sur le marché. Il existe différentes méthodes de calcul des coûts qui présentent toutes des avantages et quelques limites. En particulier, le calcul des coûts...

  • Utiliser les indicateurs de performance pour définir la stratégie d’une entreprise : pourquoi ça marche ? Amandine PEYRE

    Utiliser les indicateurs de performance pour définir la stratégie d’une entreprise : pourquoi ça marche ? Tous les dirigeants d’entreprise attachent une importance particulière aux indicateurs de performance, appelés également KPI (Key Performance Indicator). Ces outils permettent de mesurer toutes les performances réalisées par l’entreprise, à savoir notamment le chiffre d’affaires, le niveau des stocks et le niveau de rentabilité. Toutefois, même si les indicateurs de performance ne sont a priori que des outils de mesure de bonne santé de l’entreprise, la réalité est toute autre. Les KPI...

  • Vous n'avez pas besoin d'un contrôleur de gestion Thomas Delpech

    Vous n'avez pas besoin d'un contrôleur de gestion Je travaille avec des chefs d'entreprises. Il est clair que payer quelqu'un à contrôler leur gestion ne les intéresse pas. L'Etat les a d'ailleurs entendus en relevant le seuil à partir duquel l'intervention d'un commissaire aux comptes est obligatoire. Chaque fois que j'évoque le contrôle de gestion, les activités de reporting et vérification des notes de frais viennent à l'esprit de mon interlocuteur. Et pour cause ce sont les principales occasions de contact entre cette fonction support et les managers. Un dirigeant m'a confié qu'il a...