Je l'ai déjà aidé, pourtant je n'ai pas vu

Ce matin j'ai décidé d'arriver tôt pour voir ce qui se passe dans l'atelier.

Tout à coup j'entends derrière moi un bruit de chute. Le chariot de conditionnement d'un opérateur vient de tomber. Le matériel s'est répandu par terre et l'homme est à genoux pour tout ramasser. Je fais un pas pour aller l'aider puis je me fige. Si je l'aide, je ne pourrai plus observer ce qui se passe en mon absence. Je reste finalement où je suis.

Il ramasse son matériel puis redresse son chariot. Celui-ci ne tient pas debout. Il le cale contre un meuble, en équilibre précaire. Comme il déroule du ruban pour emballer une pièce volumineuse, le chariot menace plusieurs fois de tomber. Puis il passe à l'autre côté de la pièce, où aucun meuble ne permet de caler son chariot. D'un pied, il appuie sur sa base pour le tenir pendant qu'il tend ses bras le plus loin possible pour terminer son conditionnement.

Péniblement, il arrive au bout de sa tâche. Il a perdu beaucoup de temps et j'imagine sa fatigue et son agacement en ce début de journée. J'approche pour voir de plus près la source de ses difficultés. La base du chariot est tordue.

Lorsque je lui raconte l'événement, une collègue me répond :
" Je l'ai déjà aidé à ramasser ce chariot, pourtant je n'ai pas vu…
- C'est parce que tu l'as aidé que tu n'as pas vu. J'ai failli le faire aussi, c'est une réaction normale."

Dans la journée je montre le chariot au dirigeant.
" Au prix que ça coûte on peut lui en commander un tout de suite, il suffisait de nous prévenir."

Combien de problèmes inaperçus polluent nos activités au quotidien ? Les compter n'aurait pas de sens, mais nous savons qu'ils occupent généralement plus de 40% de notre temps de travail.
L'opérateur, la collègue et le dirigeant ont fait ce qui leur semblait normal. Retenez ceci : le temps que vous passez à prendre du recul, observer et réfléchir, n'est jamais perdu.

Thomas Delpech

 

  • Les dirigeants de PME ont-ils moins de temps que les autres ? Thomas DELPECH

    Les dirigeants de PME ont-ils moins de temps que les autres ? Nous ne nous attendions pas à un tel constat. Lorsque Claire Pousset et moi avons diffusé le quizz "Etes-vous un dirigeant heureux ?" nous pensions recevoir des réponses très variées. Selon plus de 60% des répondants, la gestion du temps est le pire aspect de leur vie professionnelle. Près de 80% se déclarent insatisfaits sur ce point. Comment se mobiliser sur la conduite du changement ou le développement de ses collaborateurs quand on est soi-même sous l'eau ? Uniquement lorsque une urgence surgit. Cette prise de conscience éclaire...

  • Je l'ai déjà aidé, pourtant je n'ai pas vu Thomas DELPECH

    Je l'ai déjà aidé, pourtant je n'ai pas vu Ce matin j'ai décidé d'arriver tôt pour voir ce qui se passe dans l'atelier. Tout à coup j'entends derrière moi un bruit de chute. Le chariot de conditionnement d'un opérateur vient de tomber. Le matériel s'est répandu par terre et l'homme est à genoux pour tout ramasser. Je fais un pas pour aller l'aider puis je me fige. Si je l'aide, je ne pourrai plus observer ce qui se passe en mon absence. Je reste finalement où je suis. Il ramasse son matériel puis redresse son chariot. Celui-ci ne tient pas debout. Il le cale contre un meuble, en équilibre...

  • Suis-je un dirigeant heureux ? [Quizz] Thomas DELPECH

  • Plus tard, je serai... Amandine PEYRE

    « Plus tard, je serai… » Que vouliez-vous faire quand vous étiez petits ? Cette question, on me l’a posée plusieurs fois. J’ai voulu être plein de choses : journaliste, auteure, criminologue, psychiatre, sociologue, et j’en oublie sans doute. Avant d’intégrer l’emlyon, j’avais un projet professionnel plus ou moins précis : travailler dans le mécénat culturel. Fascinée par l’art et ses rouages, je me voyais déjà chez Christie’s ou bien dans les fondations des plus grandes maisons de luxe. Aujourd’hui, me voilà bientôt diplômée d’une école de management avec trois stages à mon actif : tous en...

  • Faut-il être une entreprise heureuse pour durer ? Thomas DELPECH

    Faut-il être une entreprise heureuse pour durer ? Quelle est la relation entre le bonheur et la performance d'une entreprise ? Pendant plusieurs mois, Claire Pousset et moi avons cherché ensemble la réponse à cette question. Le fruit de notre travail est un guide pratique dans lequel nous proposons un ensemble d'actions pour être heureux et performants avec nos collègues et collaborateurs. Nous vous l'offrons aujourd'hui en téléchargement libre. Télécharger le guide   Thomas Delpech

  • Comment donner sa place à la créativité dans l'entreprise Santa MULLER

    Comment donner sa place à la créativité dans l'entreprise ? A l’heure de la révolution numérique, les entreprises doivent former une main-d’œuvre capable de s’adapter au changement et d’innover en proposant des idées créatives. Productivité et créativité, à la fois opposées et complémentaires, sont devenues les fondements de la culture entrepreneuriale. La productivité implique un accroissement de la production, devenu la responsabilité de chaque salarié. La créativité, capacité à créer, concevoir des idées nouvelles et développer une pensée de rupture essentielle à l’innovation, dépend d’un...

  • Comment manager une intelligence collective Santa MULLER

    Comment manager une intelligence collective ? “On n’est intelligent qu’à plusieurs.” Albert EINSTEIN Dans le meilleur des mondes, on se passerait de hiérarchie et les managers n’auraient plus de subordonnés. L’entreprise libérée - concept théorisé par Isaac Getz - prône un management horizontal et vise le bien-être et la responsabilité de tous en assurant à chacun de prendre part aux décisions. Tout avis compte pour une voix et les décisions n’ont pas besoin d’être validées par un comité de direction. Cela implique la transparence de l’information et des règles communes à tous. Il ne s’agit...

  • Qualité de vie au travail - tous responsables Santa MULLER

    La QVT des entreprises : dirigeants, salariés, DRH ; tous responsables ? A qui la faute ? Ces derniers jours s’est débattue une question récurrente concernant la qualité de vie au travail : faut-il reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle ? Selon l’OMS, cette maladie de l’épuisement au travail est d’origine pluri-factorielle, ce qui remet en cause l’idée qu’elle puisse être définie comme une maladie professionnelle.La question n’est pas tellement de définir les symptômes du mal-être au travail, mais plutôt de prévenir que guérir, d’identifier les facteurs de risque pour...