La collaboration en entreprise 2.0 : pourquoi faut-il s’y mettre ?

Je suis étudiante en dernière année d’école de management. Durant mes études, que ce soit en projet de groupe ou en stage en entreprise, j’ai appris que la gestion du temps était essentielle. Toute tâche a une deadline et toute deadline se doit d’être respectée. Mais comment peut-on arriver au bout du projet en temps et en heure sans communication entre les collaborateurs, sans planification et priorisation des tâches, sans adopter une méthode de gestion de projet qui nous permet, autant à nous qu’à nos collaborateurs et à nos managers, d’y voir plus clair sur ce qui est fait et sur ce qui nous reste à faire ? J’ai compris rapidement qu’une telle visibilité était essentielle pour améliorer la performance au travail et, surtout, pour gagner du temps. Ce n’est pas nouveau, le gain de temps est essentiel en entreprise. Il permet l’amélioration de la productivité, mais aussi, et surtout, l’optimisation de la performance de l’entreprise. Mais comment gagner du temps ? Ces dernières années, des outils collaboratifs 2.0 ont vu le jour et permettent aux entreprises, des start-ups aux ETI en passant par les PME, de s’organiser différemment pour être toujours plus efficientes. Dans cet article, je vous parle de ces outils, découverts au gré de mes expériences personnelles et professionnelles.

Les outils collaboratifs 2.0 : la naissance de nouvelles formes de travail

L’heure de la digitalisation des formes de travail a sonné. Finies les communications par mail au sujet de tel projet ou de telle réunion, finis les tableaux physiques où noter ses congés au Velleda, finies même peut-être les discussions orales sur les orientations stratégiques de l’entreprise ou je ne sais quoi d’autre. Je ne dis pas que la communication orale doit disparaître, loin de là. J’observe simplement que les formes de travail ont changé, que le télétravail ou le dispersement des équipes d’une entreprise aux quatre coins du monde ont facilité la naissance d’outils collaboratifs 2.0. Il en existe désormais des dizaines, des réseaux sociaux d’entreprise aux outils de gestion de projet. Si je n’ai pas eu l’occasion de tous les tester, j’en ai tout de même expérimenté quelques-uns ces dernières années. Je vous propose un tour d’horizon des plus utiles pour gagner du temps en entreprise et optimiser ses performances au travail.

Trello, le Kanban revisité

Trello est, selon moi, l’outil collaboratif le plus indispensable pour gérer de façon optimale les différents projets en cours dans votre entreprise. Inspiré du Kanban, Trello repose sur des principes simples : créer des listes partagées et répertorier sous forme de cartes les différentes tâches en cours de votre entreprise. Ainsi, d’un coup d’oeil, vous pourrez voir toutes les tâches en cours d’avancement et celles déjà terminées. Par défaut, un tableau de travail est composé de trois colonnes : « to do », « doing » et « done ». Toutefois, rien ne vous empêche d’organiser autrement les colonnes d’état d’avancement de vos tâches, de les personnaliser et/ou d’en rajouter ! Il est également possible de filtrer les listes selon les départements de l’entreprise. On peut alors imaginer des listes pour l’équipe marketing, d’autres pour l’équipe commerciale, etc. Intuitif, Trello permet également d’affecter certaines personnes sur une ou plusieurs cartes de votre liste. Chaque carte peut contenir une description de la tâche à effectuer, des commentaires des différents collaborateurs, des check-lists, mais aussi des images, des vidéos et une deadline à respecter. Très pratique pour gérer les différents projets d’une entreprise, Trello est indispensable pour les dirigeants d’entreprise mais également pour tous les chefs de projet et les collaborateurs. Attention, à partir du 1er mai 2019, les entreprises possédant plus de 10 tableaux devront passer à la version Business. Si vous avez moins de 10 tableaux, Trello restera gratuit et ô combien utile.

Pour aller plus loin, il peut être bon de passer sur un outil de gestion de projet un petit plus poussé que Trello : Jira. S’il fonctionne sur les mêmes préceptes, Jira est un outil plus professionnel qui intègre des tableaux Kanban mais également des tableaux Scrum et un reporting agile qui donne des repères sprint après sprint. Pour l’avoir utilisé personnellement en gestion de projet agile, je trouve qu’il s’adapte très bien aux équipes de développeurs et, plus globalement, à toutes les entreprises qui fonctionnent en sprints.

Slack et les autres ChatOps

J’ai expérimenté Slack lorsque j’ai intégré l’association Musique Pour Tous, une association créée par des étudiants d’écoles de commerce et visant à démocratiser l’accès à la musique. À l’époque, je ne connaissais pas grand chose des outils collaboratifs en entreprise. Pourtant, j’ai très vite compris l’intérêt de Slack. Nous étions tous dispersés aux quatre coins de la France, la plupart à Paris, moi à Lyon et quelques-uns à Reims ou à Toulouse. La distance géographique posait problème pour discuter de visu des problématiques de l’association et des projets à venir de celle-ci. Slack a été, pour cela, révolutionnaire. Tel une tour de contrôle, Slack permet de centraliser toute la communication de votre entreprise. Grâce à une interface disponible sur tous les devices (téléphone, ordinateur…), vous pouvez organiser tous les échanges de votre entreprise à travers des « channels » qui correspondent à des chaînes différentes pour les différents projets ou les différentes équipes. Dans chaque chaîne, il est bien sûr possible d’ajouter des collaborateurs, d’échanger, mais également de partager des images, des vidéos et des fichiers. Intuitif et opérationnel, Slack facilite grandement la communication en entreprise à l’heure où le télétravail se démocratise et que les échanges entre collaborateurs doivent être dématérialisés.

Il existe des alternatives à Slack. On les appelle les ChatOps. Ils permettent, tout comme Slack, de connecter tous les collaborateurs d’une seule et même entreprise, au même endroit, quelle que soit leur position géographique. Ils s’appellent Jamespot, TalkSpirit ou encore Microsoft Teams. Si je n’ai pas encore eu l’occasion de les tester, je vous conseille de choisir l’outil collaboratif qui correspondra le mieux à vos besoins et celui avec lequel vous vous sentirez le plus à l’aise.

Quelques autres outils collaboratifs intéressants pour gagner du temps

Si vous utilisez déjà Slack, il peut être bon d’ajouter à votre liste d’outils collaboratifs Spock, un outil intuitif intégré à l’espace de discussion qui vous permettra de gérer efficacement les congés et les absences de vos collaborateurs.

De la même façon, pour en finir avec les réunions qui s’éternisent et qui n’ont souvent pas de réel intérêt, il peut être intéressant de s’approprier Evernote, un outil collaboratif qui permet de prendre des notes à plusieurs. Grâce à cet outil, vous pourrez centraliser les informations de votre entreprise, stocker tout type de fichiers, accéder à et trouver de l’information n’importe où, n’importe quand. Un gain de temps immense !

Confluence est également un outil collaboratif de taille qui vous aidera à mieux collaborer. Bien plus puissant que Dropbox, Confluence permet d’optimiser la collaboration en entreprise en éditant conjointement des pages, en donnant du feedback ou encore en mentionnant des membres de l’équipe. Facile à utiliser et flexible, Confluence propose des gammes de tarifs s’adaptant à la taille de votre équipe pour répondre à vos attentes et à vos besoins.

Enfin, pour faciliter l’accès à l’information par tous les membres d’une équipe, il est essentiel aujourd’hui d’intégrer une solution drive à son entreprise. De Dropbox à OneDrive, ces outils collaboratifs sont désormais indispensables pour digitaliser l’information et faciliter le partage de fichiers.

De la nécessité de fluidifier la collaboration en entreprise

Avec la digitalisation du travail, fluidifier la collaboration en entreprise n’a jamais été aussi important. Si elle est correctement mise en oeuvre, la collaboration en entreprise permettra à vos équipes d’être plus flexibles et de s’adapter plus rapidement aux changements du secteur de votre entreprise. Ainsi, votre entreprise sera plus réactive et sera donc apte à agir selon les mutations du secteur avec un coup d’avance.

La collaboration en entreprise permet également d’engager les employés, de les impliquer un peu plus dans l’aventure de votre entreprise. Fluidifier la collaboration en entreprise, cela signifie encourager le travail d’équipe et, de facto, favoriser l’entente collective et stimuler vos collaborateurs. Grâce à cette émulation collective, votre entreprise adoptera une culture de la collaboration qui s’intégrera à vos valeurs et à vos principes de gouvernance.

Grâce aux outils collaboratifs, les informations essentielles de votre entreprise circuleront plus rapidement et plus efficacement. C’est pourquoi, la collaboration en entreprise permet de gagner du temps. De nombreuses études ont démontré que beaucoup de réunions physiques en entreprise n’avaient pas de réelle utilité. Alors, il est peut-être temps de changer les choses, non ?

Enfin, les processus collaboratifs et les outils de réseautage permettent d’amener de nouvelles idées, d’innover plus facilement et, donc, d’améliorer continuellement la performance de l’entreprise. Parce que ces nouveaux outils collaboratifs permettent de se recentrer sur les tâches essentielles, l’équipe accroît son efficacité et sa productivité. Ainsi, chacun atteint ses objectifs plus rapidement et produit également de meilleurs résultats.

Mon conseil pour un dirigeant de PME qui veut se mettre à la collaboration 2.0

L’outil le plus accessible pour commencer est Trello. Réunissez 3 à 5 collaborateurs clés dans votre organisation. Demandez à chacun de s’inscrire sur cet outil. Evoquez ensemble les projets du moment et ce que chacun doit faire. Posez-vous la question de l’importance et de l’urgence de chaque tâche, puis affectez-la dans Trello.

Fixez des rendez-vous pour faire le point sur ce plan d’action et inciter vos collaborateurs à le faire vivre. Lorsqu’ils l’alimentent spontanément et régulièrement, vous pouvez distancer puis supprimer ces réunions physiques.

Vous serez alors libéré des relances et des plannings qui polluent vos pensées et votre agenda.

 

Amandine PEYRE

Découvrez comment la business intelligence peut améliorer votre entreprise

Ces dernières années, la business intelligence (BI) est au coeur des problématiques organisationnelles. Également appelée informatique décisionnelle, la business intelligence correspond aux outils et méthodes qui analysent les données pertinentes pour l’entreprise afin de faciliter la prise de décisions. De plus en plus en vogue, ces techniques permettent notamment de se différencier de la concurrence et d’avoir une plus-value de taille, en particulier pour les PME. Aujourd’hui, de nombreux logiciels basés sur la business intelligence existent. L’un des plus complets et des plus utiles est sans aucun doute Power BI. Power BI est un logiciel de service d’analyse commerciale fourni par Microsoft qui vous propose d’explorer vos données autrement. Cet outil de partage et de collaboration réinvente les relations entre les managers et les employés de votre entreprise. Particulièrement utile pour les PME, Power BI est un outil indispensable pour se différencier de la concurrence en utilisant la business intelligence.

En quoi la business intelligence permet-elle de faciliter la prise de décisions et l’exécution de la stratégie d’entreprise ?

Explorez les données autrement

La principale utilité de Power BI consiste en la visualisation des données. Plutôt qu’un simple tableau Excel, Power BI permet de connecter et de modéliser vos données selon plusieurs dimensions. Une fois les données importées, le logiciel se charge de créer des graphiques et des rapports interactifs. Dès lors, vous pouvez vous concentrer sur telle ou telle dimension pour identifier les goulots d’étranglement au sein de l’organisation de votre entreprise.

Par exemple, nous avons travaillé avec une entreprise qui voyait sa marge nettement diminuer sans en connaître les raisons. Power BI a aidé cette entreprise à y voir plus clair, notamment en ce qui concerne la répartition de la charge de travail entre les différents ateliers de production. Il s’est avéré que pour chaque produit, tous les ateliers de production étaient mobilisés sans que cela ne soit forcément nécessaire. Pour certains produits, des ateliers de production étaient en sous-charge ce qui a fait augmenter les coûts de production et baisser la marge. Grâce à l’interaction et à la visualisation des données, Power BI a aidé cette entreprise à déceler ce problème.

Par ailleurs, Power BI permet de connecter directement les données avec Excel ou le système d’information. Ainsi, vous n’aurez plus qu’à importer vos données sur Power BI pour les visualiser et les explorer autrement.

Un outil de collaboration essentiel à la prise de décisions

Comme nous l’avons précédemment évoqué, l’interactivité des données fournie par Power BI permet d’identifier plus facilement les problèmes dans l’entreprise. Cet outil de la business intelligence est également idéal pour remettre au cœur des réunions le contact humain. Plutôt que de présenter des diapositives figées en salle de réunion, vous pourrez désormais agir directement sur le tableau de bord fourni par le logiciel et rendre vos présentations encore plus dynamiques.

Ainsi, les managers et les salariés pourront collaborer et discuter ensemble des problématiques à régler dans l’entreprise. C’est pourquoi Power BI est un outil de taille pour accélérer la prise de décisions. Il est également utile aux démarches où le lean management et la hiérarchie horizontale accélèrent la transformation des entreprises.

Une aide à l’exécution de la stratégie de votre entreprise

En tant que dirigeant d’entreprise, la visualisation et l’interactivité des données vous donnent une meilleure vision des faits. En effet, grâce la business intelligence, vous analysez les problématiques à résoudre et donc exécutez le plus rapidement et le mieux possible votre stratégie d’entreprise.

Prenons l’exemple d’un entrepreneur qui souhaite faire des prospections commerciales afin d’identifier des clients potentiels. En important ses contacts Excel dans Power BI, l’entrepreneur pourra ainsi mettre en relation ces différentes données. En particulier, il sera intéressant de voir quels clients sont proches géographiquement l’un de l’autre afin se faire connaître grâce au bouche à oreille.

Cet exemple démontre l’utilité de l’interactivité des données dans le cadre de la mise en place de votre stratégie d’entreprise. Plus simple, plus rapide et plus intuitive, la business intelligence vous apportera une plus-value de choix qui vous fera gagner un temps fou.

 

Amandine PEYRE

Comment utiliser le Big Data pour mieux comprendre son marché ?

La maîtrise du Big Data est devenue un enjeu majeur de compétitivité des entreprises, quelle que soit leur taille. Le Big Data, c’est un ensemble de données récoltées en masse qui sont analysées via des outils informatiques pour aider à la connaissance du marché et à la prédiction de ses évolutions. Ces données sont soit structurées (bases de données clients, produits, etc.), soit non structurées (images, vidéos, etc.). A l’ère d’internet, des multinationales telles que les GAFA récoltent les données de millions de clients. Néanmoins, les géants du web ne sont pas les seuls à tirer profit de l’analyse de données afin d’améliorer constamment leurs produits et services.

En quoi les PME-PMI ont-elles intérêt à collecter et analyser une masse de données ?

Les bénéfices du Big Data pour les PME-PMI

Le Big Data est un levier de différentiation car il fournit une connaissance précise du marché, pensé comme un écosystème. Il aide à la prise de décision, à faire de l’analyse prédictive, à cibler ses stratégies marketing par l’analyse de la relation client.

Dans le cas d’une étude de la segmentation client, le Big Data va plus loin que les études de marché, car il prend en compte un grand nombre de comportements d’achats et tend à l’exhaustivité. Il ne supplante pas les entretiens qualitatifs avec un échantillon de consommateurs, soumis à des stimuli différents de leurs comportements habituels, par exemple pour le test d’un nouveau produit ou service. Big Data et étude de marché sont donc complémentaires.

Le croisement des données qui caractérise le Big Data englobe également des secteurs différents (achats, logistique, relation client…), conduisant à une plus grande transversalité et horizontalité au sein de l’entreprise. Il est ainsi porteur d’améliorations dans tous les secteurs : marketing avec l’amélioration de l’expérience client, logistique avec l’optimisation des processus, finance avec l’analyse prédictive, etc.

Big Data et optimisation de l’expérience client : un exemple d’application pour les PME-PMI

La collecte et l’analyse de données clients sert à connaître et satisfaire ceux-ci de manière optimale. Les évaluations clients, les commentaires liés à un produit ou un service sur les réseaux sociaux et le partage de publications reflètent la réputation des entreprises. Celles-ci doivent connaître et réduire l’écart entre leur image voulue et leur réputation.

Le Big Data permet d’optimiser l’expérience client par l’analyse prédictive. A partir d’algorithmes, un site internet, une newsletter ou une offre commerciale s’adaptent au profil du client pour lui recommander les produits ou services les plus proches de ses besoins. Cette relation personnalisée et unique est également multi-canal : il n’y a pas de rupture entre ordinateur, mobile et boutique physique.

La collecte de données clients se fait via les formulaires d’inscription sur un site internet, via les échanges commerciaux ou les évaluations clients sur des sites internet dédiés. Ces données, une fois rassemblées dans un logiciel de gestion de la relation client (CRM), doivent être triées et analysées pour parvenir à une segmentation client optimale. Elles permettent ainsi des opérations marketing très efficaces.

Comment les PME-PMI peuvent-elles mettre en place un environnement dédié au Big Data ?

Avant de chercher à collecter des données, les entreprises doivent faire le point sur leur situation pour comprendre quelles sont les données pertinentes : quels objectifs peuvent être atteints grâce au Big Data ? s’agit-il de gagner en productivité ? de mieux connaître ses clients ? de faire évoluer son modèle économique ? L’enjeu est de mettre en place un filet permettant de récolter, stocker et exploiter les données.

La première étape est donc un état des lieux des données déjà existantes, récoltées via des systèmes de gestion, des données transactionnelles, des capteurs, des statistiques de réseaux sociaux, etc. Des sources externes complètent ensuite ces données : open data, études statistiques, bases de données. Une entreprise qui possède peu de données peut en obtenir par ces sources externes, qui apportent un éclairage complémentaire. Un CRM multicanal (SMS, Web, réseaux sociaux, mail) couplé au centre d'appels et aux informations du magasin constitue une première source de données servant au marketing prédictif. Il est nécessaire de les rendre exploitables, notamment en supprimant les doublons.

Ainsi, le Big Data est un investissement à moyen et long terme pour les PME et PMI. La cohérence de la stratégie est au cœur du ROI : le choix des outils et des données collectées détermine la pertinence des analyses, et doit se faire en réponse à un objectif défini tel que la performance commerciale ou la performance opérationnelle. Le challenge du Big Data repose aussi une adaptation des pratiques managériales favorisant la transversalité des compétences et permettant la créativité et l’expérimentation.

 

Santa Muller

La transformation digitale des ressources humaines, c’est maintenant !

La transformation digitale et la digitalisation des processus deviennent des sujets de plus en plus d’actualité pour les entreprises. La transformation digitale correspond à l’utilisation de toutes les technologies disponibles au sein d’une organisation dans le but d’améliorer les performances de celle-ci. La transformation digitale touche aussi bien l’entreprise en externe qu’en interne. En externe, les relations avec les fournisseurs et les clients sont en effet de plus en plus dématérialisées. Toutefois, l’aspect de la transformation digitale souvent négligé par les entreprises reste l’organisation interne de l’entreprise, et tout particulièrement les ressources humaines. Or, pour être efficiente, la transformation digitale doit être opérée à la fois en interne et en externe. En effet, les collaborateurs et managers doivent vivre la transformation digitale de l’entreprise pour que la culture d’entreprise s’adapte et rayonne vers les différentes parties prenantes (clients, fournisseurs, actionnaires, etc.). De nouvelles méthodes de recrutement voient peu à peu le jour. Ces méthodes RH participent, sans nul doute, à la transformation digitale de l’entreprise en interne.

Comment transformer les processus de recrutement d’une entreprise pour initier sa transformation digitale ?

Initier la transformation digitale dans les RH : l’homme face à la machine

La transformation digitale dans les processus de recrutement présente de nombreux avantages. En particulier, on peut citer :

  • La réduction des risques : les outils digitaux du e-recrutement ont pour visée d’augmenter les chances d’adéquation entre le candidat choisi et la fiche de poste. C’est pourquoi, en général, les processus de recrutement digitalisés analysent de façon plus précise et plus impartiale les différents profils des postulants ;
  • Le gain de temps : sans nul doute, c’est l’un des principaux avantages de la transformation digitale des ressources humaines. Les processus de e-recrutement sont automatisés, réduisant ainsi nettement le temps de recrutement d’une entreprise. Les études démontrent en effet que le temps traditionnel de recrutement est de 2 à 3 semaines, ce délai pouvant s’étirer à 5 semaines dans le cas des grands groupes. Utiliser des méthodes digitales de recrutement permettrait de réduire de moitié ce temps de recrutement. Cet élément est particulièrement important pour se distinguer de ses concurrents par exemple ;
  • Le gain d’argent : certes, investir dans la transformation digitale d’une entreprise nécessite des coûts importants. Toutefois, ces coûts seront très vite amortis. En effet, le gain de temps étant énorme et les chances de succès plus importantes, les coûts des processus de recrutement sont, sur le long terme, moins élevés. En moyenne, le recrutement d’un cadre avec un salaire brut de 40k€ coûte à l’entreprise entre 10 et 20% de son salaire. Ce pourcentage est revu à la hausse lorsque le recrutement n’aboutit pas. On peut donc penser qu’en investissant dans des moyens digitaux permettant de réduire les chances d’un recrutement raté, les coûts seront moins importants à long terme  ;
  • La simplicité : recourir à des processus digitaux de recrutement permet de simplifier la tâche à la fois des employeurs et des candidats. S’agissant de l’employeur, la pré-selection, voire dans certains cas, la sélection des candidats est automatisée, ce qui permet à l’employeur de se libérer du temps pour se consacrer à d’autres tâches. S’agissant du candidat, le processus interactif et ludique de ces nouvelles méthodes de recrutement lui permet de postuler rapidement et d’obtenir une réponse, favorable ou non, dans des délais plus brefs.
  • L’augmentation du nombre de candidats : initier une transformation digitale au sein des ressources humaines d’une entreprise permet d’augmenter la chasse aux talents et donc d’avoir accès à des profils diversifiés. Par ailleurs, les technologies digitales mises en place au niveau des recrutements améliorent le suivi des candidats et créent un lien plus fort et plus durable entre le candidat et l’entreprise.

Néanmoins, la transformation digitale des ressources humaines comportent des limites. En effet, on peut se poser la question suivante : est-ce que les robots vont peu à peu remplacer les hommes ? L’amélioration de la technologie est aujourd’hui constante. À long terme, on peut donc penser que le métier de DRH va changer. Avec l’arrivée des robots dans les processus de recrutement, les DRH seront amenés à déléguer certaines tâches à l’intelligence artificielle pour se consacrer à d’autres, nécessitant une sensibilité humaine. C’est pourquoi, la transformation digitale des méthodes de recrutement peut tout à fait s’inscrire en complémentarité du métier traditionnel de DRH.

Par ailleurs, la transformation digitale des ressources humaines doit aujourd’hui être mise en perspective. En guise d’exemple, nous pouvons citer Amazon qui a tenté d’automatiser son processus de recrutement grâce à l’intelligence artificielle. L’IA pénalisait les candidates, donnant lieu à un recrutement sexiste. Amazon a dû mettre fin à cette méthode de transformation digitale RH. C’est pourquoi, le e-recrutement comporte, à l’heure actuelle, des limites à ne pas négliger.

Quelques exemples de transformation digitale RH réussie

Ces dernières années, beaucoup d’entreprises ont compris la nécessité de commencer la transformation digitale de leur organisation par les ressources humaines. Initier la transformation digitale en interne permet en effet de transformer d’abord la culture d’entreprise pour pouvoir ensuite la transmettre plus facilement aux parties prenantes de l’organisation.

La transformation digitale des ressources humaines peut passer par divers moyens. De plus en plus d’employeurs utilisent bien évidemment les réseaux professionnels tels que LinkedIn ou XING pour recruter de nouvelles personnes. Toutefois, à l’ère du digital, de nouvelles méthodes de recrutement sont en train de voir le jour. Parmi elles, on peut citer :

  • La marque employeur : il s’agit ici d’un ensemble d’actions ayant pour visée de rendre l’entreprise attractive aux yeux des candidats potentiels en montrant le niveau d’innovation et de créativité de l’organisation. Cette stratégie marketing ne doit toutefois pas négliger les valeurs et la culture d’entreprise. À ce propos, on peut citer Netflix qui a réussi à intégrer une marque employeur forte tout en conservant des valeurs authentiques ;
  • Des entretiens vidéos : recourir à des entretiens vidéos est une méthode initiée pour les candidats qui postulent à des offres à l’étranger. Toutefois, depuis lors, cette pratique s’est démocratisée. Il n’est pas rare aujourd’hui de devoir faire un pré-entretien sur Skype par exemple avant de devoir se déplacer physiquement au siège social de l’entreprise. Pour aller plus loin, il existe désormais des Plateformes d’entrevue vidéo, appelées également Video Interviewing Platform, qui sont des logiciels permettant d’automatiser les entretiens grâce à des questions pré-enregistrées. On peut citer par exemple Spark Hire ou encore Vieple ;
  • Recruter via un chatbot : pour rappel, un chatbot est un outil automatisé qui permet d’interagir avec une personne soit par écrit soit par oral. C’est Buzzfeed qui a été l’un des précurseurs en la matière en utilisant des chatbots pour lire les CV des candidats ;
  • Utiliser l’intelligence artificielle : selon une étude mondiale menée par Korn Ferry en 2018, 64% des personnes interrogées ont déclaré que l’intelligence artificielle et le Big Data étaient l’avenir des organisations. En Russie, par exemple, L’Oréal vient de tester un DRH virtuel via un robot répondant au nom de Véra. Si cette expérience n’a pas été fructueuse, on peut penser que l’IA est l’avenir des méthodes de recrutement ;
  • Utiliser des algorithmes de matching : ces algorithmes ont pour visée d’automatiser le sourcing et de faire un premier tri sélectif des profils. Pour illustrer notre propos, on peut citer par exemple le logiciel canadien Karen.ai. Cet assistant de recrutement cognitif permet de lire les CV et d’identifier les compétences clés des candidats en lien avec la fiche de poste proposée ;
  • Utiliser des jeux vidéos : il s’agit ici d’une des offres les plus avant-gardistes en matière de e-recrutement. L’exemple le plus significatif est celui de L’Oréal qui a fait sensation avec Reveal, un business game permettant de déambuler virtuellement dans les locaux de l’entreprise. Le logiciel posait des problèmes à résoudre aux candidats afin de les mettre en situation réelle et de voir ainsi leur capacité d’analyse.

Amandine PEYRE

La relation homme-machine à l’heure de l’IoT et de l’IA : qui est maître, qui est serviteur ?

Vers une machine humaine, trop humaine ?

Que ce soit via l’usage de casques chez Lidl ou de bracelets chez Amazon, les objets connectés apparaissent comme un moyen infaillible pour contrôler à distance et en temps réel les tâches effectuées par les salariés. Mais l’internet des objets ou IoT (Internet of Things) fait craindre la déshumanisation de tâches réalisées par du personnel humain. Peut-on craindre qu’un jour les managers seront remplacés par des chatbots ?

L'intelligence artificielle (IA) se définit comme les capacités d'une machine à reproduire des processus cognitifs du cerveau humain : percevoir et s’adapter à son environnement, communiquer, raisonner, décider, réagir, apprendre. L’entrée dans l’ère de l’IA constitue le début d’une nouvelle révolution industrielle à l’échelle mondiale – d’où le plan d’action annoncé par Emmanuel Macron en mars 2018. Cependant l’IA éveille des craintes : l’homme ne risque-t-il pas d’être remplacé par la machine ou soumis à elle ?

Manager à l’heure de l’intelligence artificielle

Laisser les tâches répétitives aux machines, c’est permettre aux hommes de se concentrer sur des activités pertinentes, donc garantir une meilleure qualité de travail. Or la mise en pratique d’Amazon donne les activités manuelles aux humains et intellectuelles aux machines. La machine présente deux atouts : sa puissance de calcul et de mémorisation. L'humain a quant à lui une capacité d'empathie, de communication et de réflexion créative. Si les machines sont plus rapides que l’homme dans la collecte et le traitement des données, elles ne peuvent pas le supplanter pour les tâches les plus stratégiques et réflexives.

La direction marketing utilise des assistants virtuels et des outils de collecte de données qui servent au planning stratégique, la direction financière utilise des systèmes automatisés de détection de fraude et d'analyse de risque, la direction des opérations automatise la production, la logistique et la maintenance, la direction RH laisse des algorithmes trier et sélectionner les CV. L’entreprise semble donc s’émanciper progressivement du travail humain, non sans effet sur le management : il faut à présent gérer la bonne coordination entre les machines et les salariés.

De nouvelles solutions apparaissent pour faciliter le travail des managers et de leurs collaborateurs et leur faire gagner du temps : l’IA BizzPeek permet d’automatiser la création de PowerPoint, Tallyos aide à la gestion du personnel en déplacement à distance, l’objet connecté de GreenMe s’assure de la qualité de l’environnement au travail via la collecte de données en temps réel... Ainsi, le travail devient plus horizontal et les managers se voient délestés de certaines tâches autrefois chronophages qui sont automatisées, comme la planification de réunions. On peut donc prévoir que l’entreprise de demain sera moins hiérarchique, composée de divers groupes de travailleurs supervisés par des processus assistés par l’IA - les managers s’aideront d’algorithmes intelligents pour prendre leurs décisions.

Les défis de la révolution numérique : des opportunités pour les PME et PMI

Tant pour les grands groupes que les PME et PMI, le passage à l’ère de l’IA ne peut se faire sans un changement profond de culture d’entreprise. Le dirigeant doit à la fois porter le risque managérial induit par de nouvelles pratiques et susciter l’adhésion des parties prenantes en anticipant et gérant les problèmes éventuels.

Les défis liés à l’intégration de l’IA et de l’IoT consistent à anticiper l’évolution du business model, ajuster les budgets, adapter les méthodes de travail pour y intégrer de nouvelles expertises liées à la révolution digitale, développer l’agilité managériale et intégrer la relation client dans le processus de création de valeur via l’analyse de données.

Ces changements nécessiteront bien évidemment un temps d’adaptation pour les équipes et les dirigeants. Il est donc nécessaire de former les managers d’aujourd’hui et de demain aux nouvelles manières de décider face à la numérisation croissante des entreprises, en ayant recours à leur esprit critique, leur créativité et leur sens de l’éthique.

 

Rédigé pour Sostenuto par Santa Muller

  • La collaboration en entreprise 2.0 : pourquoi faut-il s’y mettre ? Amandine PEYRE

    La collaboration en entreprise 2.0 : pourquoi faut-il s’y mettre ? Je suis étudiante en dernière année d’école de management. Durant mes études, que ce soit en projet de groupe ou en stage en entreprise, j’ai appris que la gestion du temps était essentielle. Toute tâche a une deadline et toute deadline se doit d’être respectée. Mais comment peut-on arriver au bout du projet en temps et en heure sans communication entre les collaborateurs, sans planification et priorisation des tâches, sans adopter une méthode de gestion de projet qui nous permet, autant à nous qu’à nos collaborateurs et à...

  • Découvrez comment la business intelligence peut améliorer votre entreprise Amandine PEYRE

    Découvrez comment la business intelligence peut améliorer votre entreprise Ces dernières années, la business intelligence (BI) est au coeur des problématiques organisationnelles. Également appelée informatique décisionnelle, la business intelligence correspond aux outils et méthodes qui analysent les données pertinentes pour l’entreprise afin de faciliter la prise de décisions. De plus en plus en vogue, ces techniques permettent notamment de se différencier de la concurrence et d’avoir une plus-value de taille, en particulier pour les PME. Aujourd’hui, de nombreux logiciels basés sur la...

  • La transformation digitale des ressources humaines, c’est maintenant ! Amandine PEYRE

    La transformation digitale des ressources humaines, c’est maintenant ! La transformation digitale et la digitalisation des processus deviennent des sujets de plus en plus d’actualité pour les entreprises. La transformation digitale correspond à l’utilisation de toutes les technologies disponibles au sein d’une organisation dans le but d’améliorer les performances de celle-ci. La transformation digitale touche aussi bien l’entreprise en externe qu’en interne. En externe, les relations avec les fournisseurs et les clients sont en effet de plus en plus dématérialisées. Toutefois, l’aspect de la...

  • Comment utiliser le Big Data pour mieux comprendre son marché ? Santa MULLER

    Comment utiliser le Big Data pour mieux comprendre son marché ? La maîtrise du Big Data est devenue un enjeu majeur de compétitivité des entreprises, quelle que soit leur taille. Le Big Data, c’est un ensemble de données récoltées en masse qui sont analysées via des outils informatiques pour aider à la connaissance du marché et à la prédiction de ses évolutions. Ces données sont soit structurées (bases de données clients, produits, etc.), soit non structurées (images, vidéos, etc.). A l’ère d’internet, des multinationales telles que les GAFA récoltent les données de millions de clients....

  • La relation homme-machine à l’heure de l’IoT et de l’IA : qui est maître, qui est serviteur ? Santa MULLER

    La relation homme-machine à l’heure de l’IoT et de l’IA : qui est maître, qui est serviteur ? Vers une machine humaine, trop humaine ? Que ce soit via l’usage de casques chez Lidl ou de bracelets chez Amazon, les objets connectés apparaissent comme un moyen infaillible pour contrôler à distance et en temps réel les tâches effectuées par les salariés. Mais l’internet des objets ou IoT (Internet of Things) fait craindre la déshumanisation de tâches réalisées par du personnel humain. Peut-on craindre qu’un jour les managers seront remplacés par des chatbots ? L'intelligence artificielle (IA) se...

  • Premiers pas vers l'usine du futur Thomas Delpech

    Premiers pas vers l'usine du futur Mes notices préférées sont celles des meubles en kit. Sans un mot, elles me montrent à chaque étape où j'en suis et à quoi doit ressembler mon meuble dans les prochaines secondes. Imaginez avoir simplement un tas de planches, de chevilles et de vis et l'image du meuble monté. La tâche vous semblerait insurmontable. Pourtant monter un meuble en kit est le b-a-ba du bricolage domestique, grâce à une série de dessins simplistes. Gérer le changement dans une entreprise est plus souvent perçu comme un casse-tête que comme le b-a-ba du management. Pourquoi ? Sans...